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[itw] Náttúra, Volta + prochain album

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étonnant, bjork qui parle d'economie :biggrin:

 

pas ininteressant, ca change :closedeyes: , c'est bien. on aura pas le droit à l'eternelle ritournelle promo

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C'est quand même bien tout ça mais... J'espère qu'elle n'oubliera pas qu'elle est musicienne, et non économiste/politicienne/travail en communication etc.

 

8 semaines... c'est quand même énorme... et c'est surtout 8 semaines à non travailler sur le LP7 :(

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Oui, l'interview est vraiment intéressante, et elle a l'air très impliquée. J'ai hate de lire la suite.

 

Je veux bien faire un peu de traduction ce soir. Mais là il faut s'y mettre à plusieurs. Quelqu'un a commencé?

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ils ont mis un teasing de la 2ème partie :

 

P: What's next for you in terms of your music? Are you working on any other projects, or is Náttúra your only focus?

 

B: Well, this has been taking me two months now. I'm staying maybe one more month right now. I'm not very good at doing two things at the same time. I've never been good at the walk and bubblegum thing. I've been doing this 16 hours a day. I haven't had a day off. But it's very exciting, too, just to meet all these people doing really fertile stuff. It's sort of where I come from anyway, hanging out with people who believe in something incredible. DIY kind of. It's really exciting. I'm also meeting a lot of people that sort of have to do with what I want to do next anyway, but sometimes it's good not to plan too much, just kind of jump in there and see what happens.

 

I know very well inside me what the beginning point is. There's going to be a lot of craftsmanship involved, similar maybe more to Vespertine, which took me like three years to make, and a lot of it was just me sitting around with a laptop, making microbeats. There were like from 40 to 120 tracks of noises on every single song, it was like mosaic.

 

Volta was very immediate, a very physical project. I knew when I was making it, I could have spent probably three more years on it and do it much better, but I just needed to be spontaneous and physical and go out. Because I hadn't toured for four years, I had to nourish that side of me, to be on stage in front of a crowd, more visceral. Maybe it was after having a baby, you sort of go in a cocoon, you kind of go less physical, more programming. [björk's daughter Isadora is six years old.]

 

So I think I've come around and I want to make an album now that probably will take me four years to make or three. I think it's too early to talk about the details because it will jinx it. But I know sort of what it's about. And in a funny way, it's not that unrelated to all the people I'm meeting here in Iceland. That's how things are sometimes.

 

P: Are you planning on releasing anything else related to Volta? Are there more singles in the works?

 

B: I think my record company in London, One Little Indian, wants to make a package where all the videos are included together with the live concerts. We filmed Paris, and we also filmed a concert here with a choir and a brass quartet, so it was a mixture of songs from Medulla and Volta. Because I never really toured Medulla so we never really filmed that. So I think there will be some wrapping up of everything from Volta in one box. Also remixes.

 

P: You are known for putting out a lot of releases to accompany each record.

 

B: They are really good with that. For my tastes, I think sometimes, they release a little bit too much, I'm like waaait a minute. But I've got to respect him, he's very supportive of what I do, Derek [birkett, One Little Indian co-founder]. We both come from a sort of punk rock background, where we were trying to do the opposite of what the huge record companies were doing, where nothing was released except greatest hits or something. We come from another standpoint.

 

I mean, I've never been thinking that if you're a fan you have to buy everything that somebody puts out. I mean, you've got a choice. If you don't want it, just don’t buy it. It's also a reaction to YouTube and sharing of files. A lot of it is really bad sound, really low quality. So the librarian in me wants it at least to exist there so that in 20 years when I'm sitting in my rocking chair, it will still exist in the best sound quality possible, even though it only sold 1000 units or whatever. As much as I love the whole pirate kind of thing, the quality suffers.

 

Stay tuned tomorrow for much more from Björk. :rolleyes:

 

http://www.pitchforkmedia.com/article/news...l-about-nattura

 

rendez-vous en 2012 pour le nouvel album :biggrin:

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intéressante cette interview, bien réfléchie! :jap:

Edited by cdric

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J'aimmmme cette interview :rolleyes:

 

D'abord parce que ce qu'elle semble essayer de faire en Islande (même si j'y connais rien et tout et tout) me semble pas couillon (et surtout pas si utopique que ça)...

 

Et puis:

Volta was very immediate, a very physical project. I knew when I was making it, I could have spent probably three more years on it and do it much better, but I just needed to be spontaneous and physical and go out.

 

Ça prouve bien qu'elle savait elle-même ne pas avoir travaillé dessus autant qu'elle aurait pu, mais que c'était en quelque sorte un parti pris. (C'est comme ça que je le voyais et ça confirme ce que je pensais).

 

Et surtout:

There's going to be a lot of craftsmanship involved. I want to make an album now that probably will take me four years to make or three.

 

Ça, ça me plait beaucoup aussi. :pompom: Et puis tant pis s'il faut attendre!

Edited by maripiya

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Et surtout:
There's going to be a lot of craftsmanship involved. I want to make an album now that probably will take me four years to make or three.

 

Ça, ça me plait beaucoup aussi. :pompom: Et puis tant pis s'il faut attendre!

 

Oui, au moins on est prévenu! C'est mieux que d'attendre, attennndre et encore attendre!!

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En même temps c'est pas trop une révélation : elle à toujours mis à peut près ce temps là entre ses albums !

==> Debut ( 1993 ) ==> Post ( 1995 ) ==> Homogenic ( 1997 ) ==> Vespertine ( 2001 ) ==> Medulla ( 2004 ) ==> Volta ( 2007 )

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En même temps c'est pas trop une révélation : elle à toujours mis à peut près ce temps là entre ses albums !

==> Debut ( 1993 ) ==> Post ( 1995 ) ==> Homogenic ( 1997 ) ==> Vespertine ( 2001 ) ==> Medulla ( 2004 ) ==> Volta ( 2007 )

 

Oui, et son meilleur album dans 20 ans avait-elle declaré en 2004 dans " en aparté."

 

Soit encore à peu près 6 albums avant son meilleur de chez meilleur ! :dancebabydance:

 

Mais qu'elle prenne le temps là , comme ça elle fera de bonnes b-sides comme avant.

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En même temps c'est pas trop une révélation : elle à toujours mis à peut près ce temps là entre ses albums !

==> Debut ( 1993 ) ==> Post ( 1995 ) ==> Homogenic ( 1997 ) ==> Vespertine ( 2001 ) ==> Medulla ( 2004 ) ==> Volta ( 2007 )

 

Sauf qu'elle compte à partir d'aujourd'hui (si on te suit elle le sort en 2010), après la tournée (donc en 2011 - 2012), donc ce sera véritablement 3 ou 4 ans, contrairement au reste, où il faut ajouter d'autres facteurs (quand on y réfléchit 2 ans entre chaque album c'est super court !).

En plus elle avait des projets intermédiaires entre les deux plus grands laps de temps, Homogenic / Vespertine est séparé de Selma's Song, pareil entre Medulla et Volta où il y aussi la BO de DR9. Donc le maximum qu'elle ait fait (si je ne trompe pas) c'est 3 ans pour Vespertine, elle en parlait je crois dans une interview où elle disait que la fabrication de cet album a pris beaucoup de temps. Alors si elle fait ce qu'elle a dit, on en a minimum 3 ans, donc à peu près le temps de la fabrication de Vespertine (et si c'est pour refaire un disque d'une telle qualité, je dis pas non). Bien sûr rien n'est vraiment précis, puisqu'un album commence, s'arrête, ça se chevauche, des chansons traînent depuis longtemps dans les tiroirs et elle même dit qu'elle fait rien de ses journées ( :ange: )...

 

 

Oui, et son meilleur album dans 20 ans avait-elle declaré en 2004 dans " en aparté."

 

Soit encore à peu près 6 albums avant son meilleur de chez meilleur ! :dancebabydance:

 

Mais qu'elle prenne le temps là, comme ça elle fera de bonnes b-sides comme avant.

 

Bien sûr, on sait tous aussi que Björk poursuit encore son rêve, faire la meilleure chanson pop du monde, et que son meilleur album sera dans 20 ans, puisqu'elle a tout tracé depuis longtemps. Elle sait ce qu'elle va faire, c'est juste pour se la péter quand il sortira et elle pourra enfin dire "je vous avais prévenu"...

Il y en a pas un peu marre de ressortir tout le temps les mêmes trucs alors que c'est juste une métaphore ? C'est bien mignon de dire tout ça, mais on sait tous que c'est une manière de dire qu'elle arrêtera jamais de faire de la musique, et de toujours essayer de faire mieux. Là, comme ça, c'est juste bidon de le dire. Et c'est franchement fatiguant. D'ailleurs, il y a aussi de quoi douter sur la métaphore, c'est juste pour répondre (et les envoyer chier ?)aux journalistes qui adorent ça.

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Non c'est une très bonne nouvelle : au moins, ça sera certainement gage de qualité !

 

Car les groupes qui enchainent trop rapidement les albums (deux ans), c'est bien trop souvent bâclé.

 

Donc qu'elle mette plusieurs années, ça sera bien meilleur !

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Voilà une première traduction de l'interview (ouai, j'avais rien d'autre à faire). Je ne l'ai même pas relue tellement j'en peux plus, on verra demain pour la reformulation / les corrections d'orthographe. Bonne lecture!

 

Interview: Björk [Part One]

Interview by Amy Phillips

 

Photo by Christopher Lund

 

 

 

Lorsque vous achetez le nouveau single de Björk, Nattùra, vous n'acquerrez pas seulement une toute nouvelle collaboration entre deux titans de l'avant garde que sont Björk et Thom Yorke. Vous aidez aussi à l'élaboration d'un chemin futur pour l'Islande.

 

Comme expliqué précédemment, tous les bénéfices de Nattùra iront à la campagne Nattùra, l'organisation environnementale islandaise cofondée par Björk. La mission originelle de Nattùra était de protester contre la construction d'usines d'aluminium en Islande, avec le soutien de capitaux étranger. Mais ces dernières semaines, le mouvement a pris un virage spectaculaire. Durant le mois d'octobre 2008, l'économie islandaise s'est effondrée sous le poids d'énormes dettes (ça vous rappelle quelque chose en Amérique?), provoquant la nationalisation des plus grandes banques du pays. Tandis que la valeur de la couronne islandaise s'effondre, que les entreprises se retrouvent dans l'impossibilité d'emprunter, et que l'importation de denrées vers la petite nation insulaire devient inabordable, les gens s'énervent. Et ils attendent des solutions rapides. Une des plus populaires? Construire plus d'usines d'aluminium.

 

A Reykjavik pour le weekend à l'occasion du festival Iceland Airwaves, nous voilà assis avec Björk pour une longue conversation à propos de Nattùra et de la campagne du même nom. Elle nous a alors exposé le plan de Nattùra pour le développement d'une nouvelle économie islandaise, indépendante et plus écologique. Ce n'est pas une solution miracle, et ce ne sera pas facile. Mais Björk a-t-elle déjà emprunté un chemin facile?

 

Pitchfork: Comment vous-êtes vous retrouvée impliquée dans la campagne Nattùra? Quelle est la mission de cette organisation?

 

Björk. Je l'ai plus ou moins fondée. D'une certaine façon, il ne s'agit que de moi et quatre autres personnes qui partagent un groupe sur Google (rires). Les autres personnes sont Andri (Snaer Magnason), qui à écrit « Dreamland: a self-help manual to a frightened nation » (Le pays des merveilles: manuel de survie pour nation effrayée) et Magga Vilhjalms, qui est mon amie depuis l'âge de 11 ans. Elle est actrice, et a organisé le concert « Hætta! », ce qui veut dire « stop », il y a deux ans.

 

Lorsque j'ai fait le concert Nattùra cet été avec Sigur Ros et que 30 000 personnes sont venues – ce qui représente 10% de la population islandaise- nous voulions éveiller les consciences à la cause environnementale. Nous l'avons fait et c'était extraordinaire. Et puis pendant six semaines, d'une chambre d'hôtel à une autre, je n'ai pas arrêté de penser « ça ne va pas faire bouger quoi que ce soit ». Je dois en remettre une couche, en essayant cette fois d'être plus concrète et pas juste idéologue. Bien que je n'ai pas envie de me salir les mains -je préférerais faire de la musique- je dois continuer ce que j'ai commencé, ou ça n'aura servi à rien.

 

Je ne sais pas par ou commencer. Si je vous parlais dans une semaine je ne vous dirais certainement pas la même chose, car chaque heure qui passe change la donne. C'est tellement compliqué. Quand je pense à l'indépendance de l'Islande en 44, nous n'étions vraiment pas très surs de nous même. Nous avons mis une génération à surmonter ça. Je suis de la seconde génération. Mes parents sont nés en 45/46. Notre leitmotiv à l'époque du punk était : nous sommes assez forts pour chanter en islandais.

 

Mais maintenant que nous avons grandi et grandi, passant d'une des plus pauvres nations du monde à l'une des plus riches. Que dans les dix dernières années l'Islande a découvert les marchés boursiers et que tout ça a pris de l'ampleur, je crois que nous avons atteint un plafond et tout s'est effondré. Un tout petit pourcentage de la nation a fait beaucoup de dégâts.

 

 

Pitchfork: La même chose semble être arrivée aux USA on dirait.

 

Björk: C'était une combinaison entre ces gens de ma génération rendus fous par les marchés - À l'évidence je vulgarise beaucoup le truc - et les gens au pouvoir, qui sont nés en 45/46, comme chez vous (aux US). Les capitalistes conservateurs ont soutenu ces mecs, les capitalistes libéraux. Ils les ont laissés perdre. Et tout l'argent de l'Islande s'est évaporé.

 

Pitchfork: C'est exactement ce que beaucoup de gens disent en Amérique, que le manque de régulation de l'administration Bush sur les marchés financiers a causé la crise actuelle.

 

Björk: Oui. Beaucoup de familles des classes populaires vont souffrir, et le chômage n'est pas encore apparu. Ce qui a inquiété notre mouvement, c'est que beaucoup d'enquêtes ont été faites et que la majorité des islandais ne veulent pas d'Alcoa (firme américaine d'aluminium) et de ces autres industries lourdes, mais qu'ils le font quand même. Et qu'ils ne laissent aucune chance au peuple de voter, ou d'avoir son mot à dire.

 

Aux dernières élections, il y a deux ans, l'écologie était au centre de tous les débats. Vont-ils foutre un barrage dans chaque rivière islandaise? Il y a littéralement un projet pour chaque chute d'eau, chaque source d'énergie thermale. Pour faire deux usines d'aluminium de plus, ils veulent mettre des barrages partout. Et ils étaient sur le point de le faire.

 

Les gagnants des dernières élections étaient un groupement appelé Samfylkingin, comparable aux partis socialistes scandinaves. Tout le monde a voté pour eux, et pour la première fois ils ont emporté la majorité. Le parti conservateur d'Islande – assez proche des républicains- a eu la majorité à chaque élection depuis 80 ans. Mais pour la première fois les socialistes ont gagné, et surtout pour des questions écologiques.

 

Mais tous ces gens, en accédant pour la première fois au gouvernement, aux cotés de tous ces espèces de Dick Cheney et Georges Bush islandais... vous vous en doutez, aveuglés par le pouvoir, se sont soudain mis à dire « Construisons une usine d'aluminium! ».

 

Les ministres actuels de l'industrie, de l'environnement et des affaires étrangères viennent de ce parti précis. Lors des élections, ils ont présenté une liste de mesures dans la presse en disant « nous allons protéger le pays ». Vous pouvez rayer toute la liste. Je pense que c'est à cause de ces personnages du gouvernement, ces capitalistes conservateurs nés dans les années 40, ils sont juste trop influents. C'est toujours la même chose. Et puis il y a eu ce krach.

 

Pitchfork: Dans quelle mesure le krach a-t-il touché les mouvements écologiques?

 

La ministre de l'environnement était supposée arrêter le projet d'une usine d'aluminium proche de l'aéroport international en insistant sur les conséquences écologiques qu'il engendrerait, déjà observées dans d'autres pays européens. En Islande ils ont juste dit « Rien à foutre, construisons des barrages ». Alors elle a prétendu que le planning était trop avancé, qu'elle ne pouvait plus le stopper. Et tout le monde était là: « quoi ? Mais vous avez été élus pour arrêter ça!! » Maintenant ils veulent en construire un autre dans le nord, qui sera le plus grand d'Europe, s'ils le construisent. Elle a tenté de le stopper. Elle a dit que nous avions besoin de nos ressources naturelles, que nous sacrifions trop. Et maintenant, après ce qu'il s'est passé la semaine dernière, tout le monde au parlement, la droite, dit « tant pis pour l'écologie, faisons des barrages! ».

 

Vous savez, les russes nous prêtent beaucoup d'argent. Roman Abramovich, le milliardaire qui a acheté Chelsea (le club de foot) à Londres, il a fait fortune dans l'aluminium. Maintenant les infos disent qu'il va acheter beaucoup d'usines et faire de l'Islande le plus gros extracteur d'aluminium au monde.

 

 

Pitchfork: Les gens en Islande y voient-ils la solution aux problèmes économiques?

 

 

Björk: Le pays est vraiment divisé. Personnellement je pense que c'est la génération des 40's qui est obnubilé par le libre échange. C'est comme s'ils voulaient se rattraper. L'Islande a loupé 600 ans d'industrialisation, ce qui est dommage, mais ils veulent se rattraper. Ils veulent être comme l'Allemagne, tout de suite. Ils veulent construire toutes ces immenses usines du 19e siècle qui ont bouffé l'environnement. Ils pensent que c'est la seule solution.

 

L'extrême droite pense que les écolos ne sont que des mecs en pulls en laine qui veulent vivre dans des cavernes et revenir au moyen âge en chantant des chansons de Babos. Ce n'est vraiment pas le cas.

 

Je suis donc venue il y a deux mois et j'ai commencé à rencontrer les acteurs du développement d'emplois dans la campagne en disant: bon, que suggère les gens ici ? Parce qu'ici, beaucoup d'entre eux se disent « Il n'y a plus de poisson, que faire? Oh, ben Alcoa! Ils vont venir, construire une usine et je n'aurais qu’à me pointer! » Non, il faut construire quelque chose, partir du début. Ça prend un temps fou, deux personnes travaillent dans l'entreprise, et puis 10 ans plus tard ils seront peut être 5. Il nous faut voir de quoi l'Islande est capable.

 

Ce que j'ai découvert en parlant à ces gens à l'université de Reykjavik, c'est qu'il y a tellement d'entreprises géniales ici, de niveau international, dans les biotechnologies, dans le high tech, dans l'informatique, dans l'intelligence artificielle. Ces gens sont prêts à lancer des entreprises. Ils ont des plans de financement, tout, mais ils n'obtiennent aucun soutien du gouvernement ou d'investisseurs privés. Parce que tout l'argent est parti sur les montagnes russes des marchés financiers.

 

Nous travaillions depuis 8 semaines là-dessus, et puis d'un coup ce truc arrive il y a une semaine. Wow. Nous allions voir des investisseurs, organisions des séminaires, faisions se rencontrer des gens. Nous avons fait venir les étudiants en MBA (Master of Business Administration) à la fac pour créer des plans de financement pour les entreprises de province qui ne savent pas faire de plans de financement mais qui ont des idées formidables. Voilà ce que nous avons fait ces dernières semaines.

 

Voilà ce que nous devons faire. C'est vraiment important de le faire maintenant, nous sommes dans un moment de réel danger. Tous les gens qui perdent leur emploi dans les banques, qui se retrouvent ruinés, nous espérons qu'ils rejoindront ces projets, croirons là dedans, construirons ces entreprises purement islandaises à partir de l'argent islandais. Les Islandais sont vraiment éduqués. Mais peut êtres en sommes nous là ou les E-U étaient il y a 50 ans, lorsqu'ils pensaient que quelque chose qui n'est pas fait avec un marteau ou avec la force physique n'est pas un travail. Là, c'est l'inverse.

 

Par exemple, nous avons cette entreprise Islandaise, CCP. Ils ont fait leur propre jeu vidéo et ont maintenant 400 personnes qui travaillent pour eux en Islande. Il y a là la même force humaine que dans une usine d'aluminium. Et ce ne sont pas que des emplois ouvriers mal payés, bossant comme un pays du tiers monde pour Alcoa, faisant le sale boulot pour eux, ramassant la pollution avec pour la mettre ailleurs. Nous devrions monter des entreprises constituées d'islandais, de la classe ouvrière comme des forces dirigeantes, découvrir de nouvelles choses et rester dans le pays. C'est un problème à tant de niveau.

 

On recommence demain. On essaye de faire faire aux MBAs des plans de financements pour des groupes. Parce que les groupes doivent travailler ensemble. Nous allons essayer de créer un centre pour toutes les entreprises High tech en devenir. Une seule grosse institution ou tous ceux qui ont de bonnes idées viennent, ou tout le monde travaille ensemble en s'aidant et d'où naissent des entreprises. Mais ça prend au moins 8 ans. Pour moi, c'est un peu comme une maison de disques. Comme un label indépendant, en quelque sorte. Un mouvement citoyen, ou ces personnes peuvent venir et se nourrir les uns des autres et trouver un soutien. Là ou une personne vient avec une bonne idée, 5 personnes viennent aider...

 

 

Un autre exemple de domaine ou nous devons travailler en groupe soudé. Les spas (rires) – oui, je sais, dans quoi je me suis foutue? C'est à mourir de rire. L'Islande n'a que 300 000 habitants et il y a un spa ici et un autre là, et ils sont en compétitions. Il y a toutes ces petites piscines. Il nous faut une carte qui les présente toutes comme un réseau.

 

Demain il y a un atelier sur les pôles de développement. On a la possibilité d'un pôle high tech, d'un pôle spas, d'un pôle culture, d'un pôle tourisme, d'un pôle biotechnologies. Surtout pour les zones rurales, qui ont besoin de travailler ensemble. Ils vont discuter de comment travailler ensemble, et de ce qui va nous bloquer. Peut être que le pôle high tech a besoin d'un soutien complètement différent de celui du pôle alimentation par exemple.

 

 

Je n'ai pas de réponses à ces questions. Je travaille plus comme un medium pour rassembler ces gens, et demander à tout le monde d'arrêter cette compétition absurde. Ma motivation était de ne plus voir fleurir d'usines d'aluminium. Et maintenant mon moteur est aussi celui de beaucoup de gens. Beaucoup de gens en Islande disent que ce dont nous avons besoin maintenant c'est d'un soutien à des entreprises viables pour beaucoup de raisons. Beaucoup de gens le font parce qu'ils sont ruinés et qu'ils ne peuvent pas aller à l'étranger emprunter puisque plus personne ne veut prêter d'argent à l'Islande. Voilà où nous en sommes.

 

 

Pitchfork: Ces initiatives ont elles une chance de voir le jour avant qu'il n'y ait plus d'usines d'aluminium? Ou vont-ils utiliser la crise comme une opportunité de forcer leur construction?

 

Björk: Ces deux dernières semaines, les islandais prennent un cours accéléré d'économie. Je n'avais moi même pas idée de ces choses il y a deux semaines. Les infos sont pleines de mecs de droite qui disent: « Arrêtez vos conneries d'écolos. On devrait juste construire des usines partout, puisque c'est là que l'argent est! ». Mais le fait est -désolée je vais sonner comme une politicienne là- qu'ils mettent sur papier des chiffres qui sont faux, en disant « l'industrie de la pêche nous rapporte tant », et juste en dessous, « voilà ce que nous rapporte l'aluminium ». Ils disent que les revenus de l'aluminium sont presque aussi importants que deux de la pêche aujourd'hui, que l'aluminium rapporte 100 milliards de couronnes par an. Le fait est que ces compagnies qui construisent les barrages, le plus gros creuset d'aluminium d'Europe actuel qui a été construit à l'Est, il a été construit il y a deux ans...

 

Pitchfork: Attends, vous avez déjà le plus gros gisement d'aluminium en Europe et ils veulent en construire un plus gros?

 

Björk: On en a déjà 3. Ils en veulent 3 de plus. Ils ont construit un barrage pour Alcoa qui a couté 3 milliards de dollars. Ils ont emprunté à l'étranger pour le construire. Alcoa n'a rien payé. L'Islande a payé ce barrage et vendent maintenant l'énergie à Alcoa à prix discount. Ils veulent emprunter plus pour recommencer.

 

Le truc, c'est que peut d'islandais travaillent dans les usines d'aluminium. Ce sont pour la plupart des immigrés polonais. Si vous êtes d'un village de pêcheurs de 1000 habitants et que tout le monde quitte la ville pour Reykjavik, que vous avez 18 ans, et qu'une usine d'aluminium s'installe, vous trouvez ça excitant? Évidement, certaines personnes acceptent d'y travailler, mais pas tout le monde, et surtout les femmes. Il y a d'autres exemples en Alaska ou dans des régions reculés, qui ont dit trouver la solution dans les industries lourdes, et finalement personne ne voulait y travailler.

 

Ces creusets d'aluminium, personne ne veut les construire en Europe, parce que ça pollue trop. Alors c'est genre « Oh, ben allons les foutre en Islande, on leur achète l'énergie pour tellement pas cher qu'ils récupèrent assez d'argent en installant ça ici ».

 

Nous avons 3 usines d'aluminium, faisons avec, nous ne pouvons pas changer ça. Mais pourquoi ne pas laisser les islandais qui ont des connaissances en haute technologies et qui bossent déjà dans ses usines, monter des petites entreprises complètement islandaises avec les connaissances qu'ils ont? Ils gagneraient un argent qui restera dans le pays. On pourrait alors soutenir les biotechnologies et les entreprises alimentaires et tous ces pôles. Je pense que lorsqu'on est écologiste en Islande, c'est là dedans qu'il faut mettre son énergie.

 

Beaucoup d'investisseurs viennent, et j'espère qu'ils voudront investir dans le pôle haute technologies. Il y a des financiers ici qui n'ont pas perdu beaucoup d'argent. Par exemple, il y a une entreprise d'investissement en Islande dirigée uniquement par des femmes. Elles s'en sortent bien (rires). Ce ne sont pas des folles du risque. Elles ont juste fait des mouvements calculés. Les gens qui se crashent, ils ont pris un gros prêt, et puis un autre, etc. Et ce n'est que du vent. Mais ces femmes n'ont pas bâti sur du vent.

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