bjork fr - Forum Söfftchevaliers : L'Enfer d'Henri-Georges Clouzot - bjork fr - Forum Söfftchevaliers

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L'Enfer d'Henri-Georges Clouzot Un documentaire de Serge Bromberg et Ruxandra Medrea Noter le sujet : -----

#16 Utilisateur non-connecté   yohann 

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Posté 27 novembre 2009 - 12:11

Cléo de 5 à 7 est le film le plus nouvelle vague d'Agnès Varda et pas celui que je revois le plus. Je n'adore pas le personnage de Cléo. C'est uniquement pour ça... Mais après le principe du film est génial et passionnant!
Entre le temps réel et le temps du recit il n'y a pas de pas.
J'ai beau ne pas trop aimer celle qui joue Cléo, il y a néanmoins la fin du film, la scène avec le soldat où le temps qui continue à défiler semble être suspendu, tout est en état de grâce! C'est une plénitude merveilleuse!

Quand à Sans toit ni loi, c'est clair que c'est un film incroyablement juste avec vraiment cette utopie de liberté qui se paye mais qui le temps d'un instant est là.
Les personnages réels que Mona croise sont souvant subjugués par sa liberté en lui donnant raison ou tort. Un des témoignages les plus fort est celui où une vieille dit vraiment l'avoir admirer de refuser tout en se livrant elle-même "quand on est mal mariée, c'est pour la vie, elle m'a plu cette hippie".
Ensuite techniquement Varda est géniale et crée des sensation superbe particulièrement dans ce film avec les super travellings (toujours raccords!) qui vont toujours de droite à gauche (!)

Il n'y a qu'un film de Varda -celui qu'elle dit préférer- que je n'ai pas encore vu, Documenteur dont le titre est pleinement représentatif de la carrière de Varda!

Sans toit ni loi est un documenteur: une fiction filmée comme un documentaire ou un peu l'inverse peut-être aussi.
Et c'est vraiment génial chez Varda de voir cette multitude de proposition de formes de films qui sont très diverses et se ressemblent toutes!

J'aime énormément aussi son autoportrait de Jane Birkin! Jane B. par Agnès V. où là tout se mélange somptueusement de manière hyper intéressante, Varda fait faire à Birkin son autoportrait, mais Agnès étant très présente dans ses films (au moins en voix off. Ah! la voix d'Agnès Varda!), elle fait un peu son autoportrait avec Jane avec qui elle s'amuse. C'est très communicatif comme film.
L'autre versant du film, Kung Fu master un peu né du hasard est un peu raté mais les 2 imbriqués ensemble sont une proposition géniale de cinéma!

#17 Utilisateur non-connecté   clara 

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  Posté 27 novembre 2009 - 13:46

Je n'ai pas une mémoire aussi précise des films que toi mais je me souviendrai toujours dans Sans toit ni loi de cette scène où elle picole je crois avec la vieille dame et où elles finissent toutes les deux dans une déflagration de rires complètement purs, complètement enfantins. Cette fille c'est un condensé de sentiments bruts : l'innocence, la méchanceté, la confiance, la liberté - et elle arrive à atteindre cet état où toute forme de compromission sociale a disparu mais où aussi la vie devient tellement dure, tellement impossible. C'est très rousseauiste en un sens ; c'est le retour à une sorte d'état originel mais qui en fait est un fiction, qui ne peut pas exister (ou en tout cas pas longtemps). Je me souvenais aussi d'un documentaire(teur), j'ai recherché, ça s'appelle Quelques veuves de Noirmoutier... des femmes je crois filmées en plan fixe, à tour de rôle, raconte le veuvage. Aucune fioriture, c'est juste beau, pudique et à nouveau Varda parle d'elle aussi, à travers ces portraits de femmes en deuil. Ce qu'il faut dire, c'est qu'on dit souvent (à raison) que les femmes au cinéma sont un fantasme d'hommes (Romy Schneider, que j'adore par ailleurs, en est quand même un bon exemple), et Varda elle, propose complètement autre chose. C'est pour ça que j'adore L'une chante, l'autre pas, qui est quand même une chronique, une capture géniale de l'itinéraire de deux femmes dans l'époque post 68, sans que Varda ne transforme jamais ce qu'elle filme en un propos général, en un truc idéologique. C'est comme pour Les glaneurs et la glaneuse, elle aborde toujours des sujets de fond - ce qu'il reste de la société de consommation, ses déchets, comment les gens les récupèrent et les transforment - par des observations extrêmement concrètes, des détails auxquels personne ne prête attention. Elle est dans le micro-, complètement antiacadémique et ça pour moi, c'est une démarche très très politique.

#18 Utilisateur non-connecté   yohann 

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Posté 02 décembre 2009 - 13:26

Tu vises juste en disant qu'elle a une vraie démarche politique par la forme de ses films qui ne s'inscrivent pas dans le paysage du cinéma des époques qu'elle a traversé.
Même si pourtant son cinéma est pleinement en phase avec les époques auxquels les films ont été filmés!

Lions love est clairement influencé par les films de Warhol qui kiffait vraiment Varda (pour l'anecdote, le tout premier numéro d'Interview -magazine lancé et dirigé par Warhol et qui continue à paraître!- avait Varda filmant en couv!), et par la nouvelle vague américaine de Paul Morrissey avec ce cinéma en temps réel, à moitié improvisé.
Mais Varda fait du Varda! Elle rit de ce cinéma là autant qu'elle ne le fait!
Ce film est génial! C'est un tort qu'il soit encore introuvable... Il a été projetté plusieurs fois à Paris pour des évènements ces dernières années et j'ai pu le voir 3 fois!

C'est un trio complètement défoncé, complètement hippies (c'est pareil....) qui joue des règles du cinéma entre rêveries à mourir de rire, parodies et réalité brute (mort de Kennedy) à laquelle ils se confrontent dans leur incessante marginalité. C'est à moitié joué, à moitié vrai et on se perd complètement dans ce film où les acteurs demandent en claquant des doigts pour avoir un gros plan. C'est un de ses meilleurs films vraiment!
La scène finale est anthologique. L'insaisissable Viva! exprime sa lassitude de texte à jouer sur les plateaux et livre son envie d'être filmée juste en train de respirer. Et voilà un long long plan de Viva! immobile qui respire pleinement (et le pire c'est que ça n'est pas chiant à regarder!) avec Varda qui au bout d'un moment demande au chef op' combien de temps ça fait, avant de dire "cut"!



Les Veuves de Noirmoutiers en fait viennent d'une installation qui avait été notament présentée à la fondation Cartier. Il y avait une quinzaine de téléviseur qui entouraient un écran central. En face des chaises qui correspondaient aux emplacements des téléviseurs avec un casque pour écouter à chaque chaise/téléviseur le témoignage d'une veuve de l'île de Noirmoutier.
C'était très intime. Une sorte de confessionnal sur les manières dont se traduisent le manque avec le temps.
Sur l'écran central il y avait une messe avec les veuves vêtues de noir qui tournaient silencieusement autour d'une grande table vide sur une plage.
Varda elle sur un des téléviseurs, restait muette et pleurait.
Cette installation m'a beaucoup marquée. C'est assez bouleversant d'entendre toutes ses phrases de veuves. Des vieilles hyper austères parfois qui racontent péniblement qu'elle continuent à dormir du même côté du lit, qui n'ont jamais déplié les vêtements de leur défunt. etc..







Bon parenthèse Varda.



Je ré-ouvre le topic Clouzot...




En effet ça parait bien trivial de parler de Clouzot après Varda!
J'ai donc vu L'enfer.
Rien de spécial à dire sur le documentaire. Il y a une voix off en effet mais ça ne m'a pas traumatisé. En revanche les interventions ridiculissimes de Jacques Gambin et Bérénice Béjot sont d'un pathétique total. Comme les bobines retrouvées de L'enfer n'étaient pas accompagnées de la bande magnétique du son, ils reconstituent en lisant le scénario certains dialogues et pire jouent des scènes absentes aux bobines. Gamblin est un acteur charmant. En revanche Béjot devrait postuler pour bosser aux Galeries Lafayette car vraiment vraiment elle ne devrait pas essaye de jouer la comédie. Elle n'a pas le moindre talent! C'est ouf! C'est aussi pire qu'un chanteur qui chante complètement faux!

Sinon ben ça ne m'a pas vraiment donné envie d'avoir envie que le film de Clouzot ait été filmé en entier!
Son scénario ne vole pas très haut. Une histoire simplette de jalousie qui donne lieu à des scènes de paranoïa.
Ces scènes de paranoïa sont en effet plastiquement intéressantes. On est à fond dans l'Op'art des sixties, on sent l'influence de Vasarely etc.... Maintenant ça ne va pas plus loin. Dans le même genre, il y a le délirant Qui êtes vous Polly Maggoo? de William Klein qui lui a été tourné en entier et est moins bancal que le Clouzot!

Pour le coup Clouzot n'est vraiment pas gratifié par les témoignages de son équipe! Il est clairement dit que, comme le film n'avait pas de producteur direct et que les states avaient fait comprendre qu'ils donnaient un budget illimité au film (absurde!), Clouzot s'est enterré dans sa mégalomanie démesurée!
Apparament il cassait les couilles de tout le monde en retournant éternellement des plans...
Et les images donnent vraiment cette impression d'envie de faire un truc énorme. Mais pour faire un truc énorme, faut il avoir des propos énormes. Mais ça ne semble pas être le cas.

#19 Utilisateur non-connecté   Destroy The Male Sex 

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Posté 29 août 2011 - 00:13

Et bam, une de plus, et pas des moindres:



Et le plagiat est double, on jugerait que la fin est de Nick Knight....
A posté une image
Longue vue à l'Œil Sourd

#20 Utilisateur non-connecté   fistule 

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Posté 29 août 2011 - 21:58

Voir le messageDestroy The Male Sex, le 29 août 2011 - 00:13 , a dit :

Et bam, une de plus, et pas des moindres:



Et le plagiat est double, on jugerait que la fin est de Nick Knight....


sur pitchfork: "Directed by Beyoncé herself with Laurent Briet and Ed Burke, the video tells "the story of love at its best," according to Beyoncé's website. Which apparently means lots of sweating and falling water and trippy visual effects." :biggrin:
...Moi le fumier du monde où tu veux te planter...

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