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Ellogram

[traduction] The Australian

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Bonsoir,

voilà la première des traductions d'articles que j'ai faites depuis que je me suis proposé pour... il y a à peu près 1 an et 1 mois ^^'. L'article, à l'époque, était récent !!

 

C'est pour moi un entraînement, alors ça risque sûrement de faire un peu "calqué" et aux tournures françaises louches par endroits, bien que je me sois efforcé du contraire (faut dire que déjà dans le texte original, c'est souvent bizarre -_-). Toute retouche est donc bienvenue si vous vous en sentez l'envie !

 

Trois autres traductions (tout aussi "récentes"...) doivent suivre.

 

 

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Modifiée électriquement. [Titre original : Made to mingle with electricity.]

publié dans The Australian - 10.01.2008

 

LA voix qui sort du combiné est reconnaissable entre mille : féminine, légèrement sifflotante, et avec une force en elle qui est propre à celle de Björk.

 

Au téléphone depuis l'Islande, elle discute du long isolement de son pays et de son histoire cinq fois centenaire en tant que colonie de la Norvège puis du Danemark. La colonialisation agit de façon étrange sur l'âme d'une nation.

 

"Il y a toujours eu ici beaucoup de méfiance envers les étrangers, considérés comme mauvais et corrompus," dit-elle. "Je pense que les Danois ne nous ont pas donné un bon exemple, tout simplement en étant colonisateurs. Aucune colonialisation n'est bonne, qu'importe son origine."

 

L'Islande a finalement obtenu son indépendance quand elle devint une république en 1944, année, nous dit Björk, où naquit son père. Les gens de sa génération à elle étaient intéressés par le monde mais se sentaient paralysés par une attitude que les Australiens pourraient reconnaître comme un recroquevillement culturel.

 

"C'est dur à expliquer," raconte Björk, "mais c'est un manque de confiance. Quand vous êtes une colonie pendant si longtemps, vous vous sentez citoyen de seconde zone. Je suis islandaise, certes, mais je suis aussi quelqu'un qui a émigré et a modifié sa voix électriquement. J'ai collaboré avec des étrangers et beaucoup voyagé."

 

Il est important de noter que Björk affirme faire partie des islandais s'expatriant le plus. Elle a d'abord attiré l'attention internationale il y a 20 ans, quand elle menait le groupe indie the Sugarcubes, et a rapidement pris de l'importance avec son album solo Debut en 1993. Un look extrême, un rôle consacré par un prix dans le film de Lars Von Trier, Dancer in the Dark, et quelques excentricités l'ont maintenue sur le devant de la scène. Plus que cela, sa musique hautement personnelle, complexement texturisée lui a conféré une crédibilité à la fois pour la marge et pour le grand public et, à la façon des britanniques de Radiohead, une reconnaissance plus que notable de l'avant-garde de la musique classique.

 

Björk est sur le point de faire un retour en Australie : une tournée avec le cortège du Big Day Out et, entre ces dates, un concert unique devant l'Opéra de Sydney dans le cadre du Sydney Festival.

 

"Je ne parviens toujours pas à comprendre tout à fait comment Björk est aussi populaire," livre le directeur du festival Fergus Linehan, "quand vous considérez à quel point elle est effrontée, n'en faisant qu'à sa tête. Si elle n'était pas une figure si connue, ajoute-t'il, sa musique se retrouverait sans problème dans une des petites salles de musique de chambre de la ville." "C'est un vrai phénomène avec elle, à cause de la complexité de sa musique. Elle tombe dans une classe vraiment à part."

 

Linehan a fait la part belle au rock dans ce festival 2008, et Björk apparaît dans la brochure du programme au côté de Brian Wilson, des fameux Beach Boys.

 

La mention de ceci mène indirectement Björk vers la discussion à propos du colonialisme et de la mondialisation. Au State Theatre cette semaine, Wilson et son groupe ont rejoué les meilleurs titres des Beach Boys : des petites vignettes d'innocence blanchie au soleil, avec tout ce surf, ces danses et ces mouvements. Les chansons sont particulièrement, presque exclusivement californiennes. La musique de Björk est-elle pareillement associée à un endroit précis, aux glaciers et aux volcans de l'Islande ?

 

"Oui et non," répond-elle. "Je pense que je suis une personne éminemment islandaise de tous les points de vue. Mais, là encore, je considère que ma prédisposition en tant qu'islandaise était de sortir et de rencontrer des gens. Je pense aussi que, avec la mondialisation et tout, être originaire d'un pays et posséder ce son bien particulier qui lui est caractéristique ... n'est pas vrai. Une telle chose n'existe plus.

 

Sa musique, poursuit-elle, est plus cosmopolitaine dans son approche. "être dans l'air du temps, être une personne de 2008, c'est plus une question internationale, spécialement en musique. Tu écoutes la radio dans un taxi, tu vas dans un restaurant indien et tu écoutes de la musique indienne. Tu écoutes de tout. Je pense que tu peux bien être de là où tu es, et être sincère à ce sujet, mais tu es malgré tout une habitante du monde."

 

Pour sûr, son dernier album, Volta, est formé de sources trans-hémisphériques. Le joueur de kora malien Toumani Diabaté, par exemple, apparaît sur la chanson Hope, et une joueuse de pipa chinoise Min Xiao-Fen, accompagne I See Who You Are. De même que les contributions d'un autre participant au Sydney Festival, le chanteur Anthony Hegarty, et du producteur américain dans le vent Timbaland, Volta comporte la participation d'un orchestre de cuivres, dont les choeurs et les cordes énergiques sont élémentaires à l'univers musical.

 

Aucun d'entre eux, pour autant, ne prend l'ascendant sur la voix de Björk, qui est un univers en elle-même. Elle jappe, grogne, puis saute des intervalles soudains et inattendus. La voix est plus qu'un instrument fortement expressif, cependant : Björk la considère comme étant la source de toute sa musique.

 

"À chaque fois que je commence un album, je me trouve dans un endroit inconnu," dit-elle. "Je suis aveuglée et un peu perdue. Et c'est une sensation que j'aime assez. Habituellement, parce que je suis une chanteuse, j'utilise ma voix comme un outil. Je marche beaucoup à l'extérieur, je chante beaucoup, et les idées me viennent. Le second point est l'état émotionnel où je suis. Je sortirai peut-être alors faire des arrangements, trouver des collaborateurs, en fonction de l'état émotionnel dans lequel je me trouve."

 

Une image se forme d'elle marchant dans la neige : entonnant, psalmodiant, donnant vie à une chanson. "Les mélodies viennent presque toujours en premier," poursuit-elle. "Et quelques fois c'est un long processus. Je la laisse là [la mélodie], et si elle revient vers moi, ça compte. Je crois en la simplicité de la mélodie : ça tient à quelque chose d'assez ancien et de presque shamanique. Toutes les meilleures mélodies dans le monde, qu'importe le type de musique, possèdent en elle une sorte de structure magique. Chaque constellation de notes est liée à différents états émotionnels."

 

La relation entre la voix et l'électronique, dit-elle, est délicate. Dans tant de musiques électroniques, en particulier la dance music, la voix est subordonnée à la rythmique : les mots sont fait pour s'adapter à celle-ci. Björk déclare que son approche est différente, en ce qu'elle forme d'abord ses mélodies, et les rythmes sont modelés en conséquence. Malgré tout, elle se considère elle-même comme faisant partie de la tradition européenne de la musique électronique, ce qui inclut Kraftwerk et Brian Eno, comme opposée à la tradition américaine du rock’n’roll, basée sur le blues.

 

"Je pense personnellement que des gens comme Philip Glass et Steve Reich [compositeurs] sont rattachés à cette tradition ... [ils ont] ces cordes rock avec ce type de répétition. Et ensuite vous avez une autre face, qui est la musique électronique, qui est plus une chose européenne. Elle a une origine vraiment différente de la musique rock. C'est comme deux arbres musicaux très différents.

 

Karlheinz Stockhausen, dit-elle, était le père spirituel de la branche européenne. Le compositeur allemand, qui est mort le mois dernier, était un pionnier de la musique artistique électronique. Björk l'a rencontré deux fois et l'a interviewé pour un magazine. Sa musique n'a pas directement influencé la sienne, confit-elle. "Celle-ci était en majorité de l'avant-garde des années 1950 qui est peut-être ou peut-être pas si utile."

 

Plus que cela, c'était son imagination débridée qui l'avait captivée. "Je pense qu'il était très inspirateur, particulièrement par ses conférences," dit-elle. "J'imagine qu'il a eu cet effet sur beaucoup de gens de mon âge. Vous lisez ses conférences, et vous les trouvez tellement optimistes."

 

Alors que la musique classique avait ses catastrophistes, "Stockhausen était le seul qui était excité par le 21ème siècle. Il disait que ça allait être stupéfiant. Il se pourrait qu'on ait tué tous les animaux d'ici là, mais nous communiquerons par télépathie, par des émetteurs ou quoi que ce soit, que nous sommes, je suppose."

 

La participation de Björk au Sydney Festival est, par certains côtés, une occasion manquée. Cela aurait pu être une chance de voir côte à côte ses réalisations et, par exemple, le travail de son conjoint, l'artiste vidéaste Matthew Barney, avec qui elle a fait le film Drawing Restraint 9. Ses concerts ne décevront pas, à en croire les comptes-rendus de ses précédentes dates ailleurs.

 

"J'ai des cuivres et beaucoup d'instruments électroniques," dit-elle à propos du matériel. "C'est probablement ma tournée la plus sauvage et rebelle. J'ai fait des tournées avec des orchestres symphoniques et des choeurs, dans des opéras, qui sont très délicats. Là c'est l'opposé, une chose païenne de plein-air."

 

Cela pourrait aussi être sa dernière tournée pour un moment, sa fille avec Barney, Isadora, approchant de l'âge scolaire. "Je n'avais pas tourné pendant 4 ans avant ça, alors je l'ai savouré. Ma fille va aller à l'école l'automne prochain, donc je fais le maximum avant que je doive rester tranquille pour un moment."

 

Matthew Westwood

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