chloé, le 16 Oct 2008, 10:03, a dit :
L'Africain est en effet très beau, mais je crois que mes préférés restent La Ronde et autres faits divers,Poisson d'Or, Désert, et Onitsha.
Pour ma part, ça doit être
Le Chercheur d'Or,
Onitsha,
Haï.
L'Africain m'a fait revenir vers son oeuvre, après qu'
Etoile errante m'en a un peu détaché: j'en avais un peu assez de la figure récurrente de la femme (souvent la mère) idéalisée qui s'appelait toujours Maou, Ouma, etc. Il prenait vraiment le risque d'une certaine mièvrerie.
chloé, le 16 Oct 2008, 10:03, a dit :
Son écriture est vraiment unique. C'est l'un des rares auteurs qui construit un univers qui m'absorbe complètement, je trouve qu'il parvient, en quelques lignes, à emmener son lecteur en voyage, à le déconnecter de son quotidien. Même quand il raconte des choses incroyablement violentes, la poésie est toujours présente, comme un nuage vaporeux pour protéger et transporter le lecteur.
Entièrement d'accord. J'aime aussi que son style soit à la fois peu spectaculaire et très fin, ciselé, précis. A l'image d'un Le Clézio très discret, mais toujours juste.
chloé, le 16 Oct 2008, 10:03, a dit :
Par contre je ne pense pas que le Nobel apporte beaucoup de lecteurs et d'argent à Le Clézio, étant donné qu'il est assez coutumier des prix et que c'est l'un des écrivains les plus célèbres de France - peu d'écrivains passent sur les plateaux télé et sont connus du grand public. Je crois qu'il gagne déjà très bien sa vie. Mais on peut forcément s'attendre à un boom des ventes pendant les semaines qui viennent.
J'ai lu ceci dans un des interviews données aux journalistes après annonce du prix Nobel: "
Sur la crise financière, le romancier a répondu n'avoir guère eu à faire avec les banques. "Je suis endetté." Au "plus maintenant !" d'un journaliste – le lauréat du Nobel remporte 1 million d'euros –, l'écrivain a souri.
article
Il a peut-être une façon de vivre couteuse aussi: pas dans le sens où il aimerait trop le luxe, mais par l'importance de ses projets; il disait qu'il envisageait d'aller vivre au moins un an en Afrique pour écrire sur Senghor. Il change de lieu de vie tous les ans ou presque.
Quant à ses apparitions publiques, elles sont tout de même très rares. Je ne me souviens que d'un passage chez Bernard Rapp il y a plus de 10 ans et un reportage sur lui au Printemps dernier sur ARTE. On ne peut pas dire qu'il soit très présent dans les médias. En revanche, quand il se montre, on s'en souvient: il a un discours, un rythme et un ton qui ne ressemblent à personne d'autre.
J'espère en tous cas que ça permettra de rééditer
Haï; j'en suis à mon 3ème exemplaire prêté et jamais rendu, et il est maintenant introuvable.