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Utopia, vos premières réactions

Premières impressions  

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Sur la question du mixage, peut-être qu'il est aussi question de "canons" et de goûts ? J'entends par là qu'un mixage ne doit peut-être pas avoir le rendu attendu. C'est sans doute l'intérêt de faire appel à des personnes différentes, qui proposent une vision. Je trouve que le mixage d'Utopia propose vraiment quelque chose, plutôt que de se contenter de tout lisser, d'offrir une manière habituelle de mettre en valeur des morceaux, selon un canon et un goût encore une fois. Tout de suite après les premières écoutes ça m'a frappée (et j'en parlais déjà au début du sujet, pardon pour la redite, mais du coup j'essaie d'élaborer un peu) : je trouve qu'il y a quelque chose de très franc du collier dans ce mixage. Je n'ai pas du tout l'impression qu'on essaie de m'en mettre plein la vue avec tout un tas d'effets, de strates ultra-complexes et de concours de taille de euh pieds. J'ai plus l'impression qu'il est question de composer un espace cohérent et qui fonctionne avec le projet : une avancée dans un espace nouveau. Dans lequel on est la voix. De mon point de vue, l'esthétique du mixage ne cherche pas à nous faire comprendre que l'espace autour est vaste et que ces incarnations sont inatteignables ; au contraire, il est plutôt question de comprendre leur proximité et leur densité. Pour faire du territoire le sien. And inhale physicality.

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Il est vrai que cet album étonne par son mixage qui ne lisse pas du tout les sons. Le rendu est extrêmement "physique", "organique", "concret". (encore un autre point qui fait que cet album n'a rien à voir avec les précédents)

L'immersion dans "l'île" d'Utopia est en ça une réussite. On ressent les oiseaux, les feuillages, les respirations etc...

Mais malgré ça, je ne peux m'empêcher de trouver le mixage en deça de ce à quoi Björk nous a habitués. Je suis peut être trop exigeant (enfin on parle de Björk quand même), mais l'album aurait pu sonner mieux (les niveaux plus égalisés par exemple) tout en gardant cet aspect organique.

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J'ai écouté cet album en voyage au Mexique lors de sa sortie. 
Quel bonheur de découvrir les ruines de la jungle de Palenque avec cette bande son ! À la découverte d'un nouveau monde utopique...

Pourtant j'avais un peu peur en lisant je ne sais plus où que c'était un album "ambiant".

 

Arisen My Senses : J'ai été ébloui par cette première chanson, je l'ai trouvé lumineuse, surprenante et audacieuse.

Je ne savais pas qu'elle avait samplé Arca mais ça ne me dérange pas. Ella a déjà repris des instrumentaux pour créer de nouveaux morceaux : I Go Humble, Heirloom, Vertebrae By Vertebrae, Quicksand.

 

Blissing Me : J'étais déjà conquis. J'aime beaucoup le chant, la harpe, la douce mélodie.

 

The Gate : Toujours pas fan. Il y a des éléments qui me plaisent mais je la trouve un peu trop longue.

 

Utopia : Une très bonne surprise, je ne savais pas si j'apprécierais un morceau à la flute et finalement c'est très joli. Les bruits ambiants et les oiseaux ajoutent du charme.

Je comprend par contre la déception de certains face à l'utilisation un peu "classique" des flutes. Ça ne me parait pas très audacieux, c'est peut-être ce qui m'a plut.

 

Body Memory : Le Black Lake de l'album (qui n'a aucun rapport hormis la durée…) Le morceau central (qui se trouve plutôt au début…)

Finalement je suis partagé par ce Body Memory qui m'a surpris par l'utilisation des cordes et des cœurs féminins et masculins, mais qui m'a fatigué par sa façon de chanter très redondante.

 

Features Creatures : À la première écoute je pensais ne pas aimer ce morceau. Je le trouvais un peu trop "freestyle", sans vraiment de mélodie, un peu comme Dark Matter. En général je ne fais pas du tout attention aux paroles, je ne m'y intéresse que longtemps après avoir découvert les chansons. Au final, en tendant l'oreille et aidé par le fait qu'elle chante très lentement fais attention au texte et j'ai vraiment adoré. Les flutes, les petits sons et les cœurs à la fin sont charmants. 

 

Courtship : En écoutant l'album dans sa globalité la chanson ne me gène pas mais je ne la sélectionnerais pas pour une compil'. ;) La fin est sympa et j'adore l'enchainement avec Loss

 

Loss : Mon coup de foudre. Je n'ai pas compris, je me suis mis a pleurer submergé par l'émotion que m'ont procuré ces beats déchirés qui m'ont fortement rappelé Homogenic.

La mélodie qui fait comptine, sa façon de chanter, redondante mais pas irritante comme dans Body Memory. Les toudoudou à la fin. Bref j'adore <3

 

Sue Me : C'est la chanson que j'ai du mal a comprendre. Trop déstructurée pour moi, j'ai l'impression que la mélodie, les beats et le chant viennent de 3 morceaux différents et qu'ils ont été regroupés alors qu'ils ne vont pas ensemble.

 

Claimstaker : Pareil que pour Courtship, je l'aime bien dans l'album mais je ne chercherais pas a l'écouter. 

 

Paradisa : Je suis pas spécialement fan. ça pourrait faire un bon Frosti en ouverture de concert. ;)

 

Tabula Rasa, Saint et Future Forever : J'adore les 3 chansons pour les mêmes raisons : la mélodie, le chant, les flutes, les calques de voix sur Saint, le clavier sur Future Forever.

Je trouve que l'enchainement des 2 dernières chansons clôt à merveille l'album. Je suis aux anges.

 

En général : Contrairement à beaucoup je trouvé Utopia facile d'accès.

Même si elle l'a toujours fait je trouve que Björk chante très lentement et étire beaucoup les notes. J'aimerais qu'elle accélère un peu son chant dans le futur mais je n'y crois pas trop.

Je n'ai pas encore lu les paroles alors peut-être que mon avis évoluera (je détestais Possibly Maybe avant de lire les paroles... 6 ans après).

 

Si quelqu'un a écouté le vinyle je serais curieux de savoir comment sont les enchainements des chansons puisque l'ordre est différent. Y-a-il des ajouts ? Des suppressions ?

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il y a 29 minutes, elysion a dit :

j'ai l'impression que la mélodie, les beats et le chant viennent de 3 morceaux différents et qu'ils ont été regroupés alors qu'ils ne vont pas ensemble.

Pile poils mon sentiment pour l'album complet.

Je n'arrivais simplement pas à la formuler. Merci :)

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Le 22/11/2017 à 02:46, footsoldier a dit :

Riri je plussoie !!! Comme dit avant... :-) Moi qui était parti si défaitiste, déçu par le faussement audacieux et raté nouveau Daho (sorry pour le HS), je pensais il y a encore 48 heure enchaîner avec un 2ème deuil. Bjork m'a ressuscité.

Tellement d'accord pour Daho… Quel ennui je n'arrive pas a terminer l'écoute d'un seul morceau. :(

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Ayant enfin eu le digipack aujourd'hui, l'écouter sur chaîne hi-fi m'a juste permis de l'entendre dans une meilleure qualité sonore qu'en streaming et d'en saisir davantage de détails au niveau orchestral. Il faudrait d'ailleurs écouter de très nombreuses fois le disque pour en épuiser toute la substance. En revanche, je n'ai pas vraiment changé d'envie sur les pistes que j'apprécie beaucoup et celles que j'aime moins voire celles auxquelles je n'accroche pas.

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J'ai écouté l'album format CD au casque. Convaincu par la qualité du travail réalisé par Björk, ce qui n'est pas une surprise, mais rien de transcendant. Oublié le triptyque Black Lake / Family / Notget, après une seule et première écoute, je n'ai pas trouvé de point d'accroche. Il va falloir réécouter et déconstruire chaque morceau.

 

Concernant sa diction, effectivement ça devient redondant cette manière d'étirer les mots, un effet qui alourdi la production déjà saturée par les beats d'Arca (que je trouve bien trop présent, cependant c'est un album vendu comme "conçu par Björk et Arca" donc ok je comprends la démarche).

 

Contrairement à ce que j'ai pu lire, c'est The Gate qui est pour moi LE morceau de l'album, avec ces effets ultra-lugubres d'Arca et les pauses qui rendent au titre un caractère majestueux et maitrisé. Le morceau est dépouillé et tout simplement magnifique, très touchant, de la même veine qu'un Family ou Pagan Poetry.

 

Au final, après cette écoute, je pense que j'aurai préféré un album plus dépouillé et céleste. A voir sur scène avec les flutes, ça va être magique j'en suis sûr !

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J’ai tardé à poster mes premières réactions sur cet album, mais je m’y attelle. Je pense que comme cela a été dit à plusieurs reprises, c’est un album qui s’apprivoise dans le temps et s’appréhende au fil de plusieurs écoutes. 

 

Je dois dire que cet album est assez fascinant.
Là où Vulnicura m’avait convaincu immédiatement, m’avait limite fait décrocher une larme à la première écoute de l’enchaînement Black Lake et Family, Utopia est complètement différent. C’est un album dense, très riche, qui s’apprécie par étapes, par parties pour mieux en apprécier l’intégralité (et non d’un bloc comme Vulnicura). 

 

Si l’esprit de l’album et les thématiques sont plus légères, l’album ne l’est pas pour autant. Il est optimiste, idéaliste, éthéré, onirique même, mais loin d’être léger. Il m’a fallu un certain temps pour en décortiquer l’ensemble, couches par couches, entre l’écriture (impressionnante!) des flûtes, de la harpe, les nombreuses harmonies vocales, les paroles, et le détail de la production (impressionnante elle aussi). C’est peut-être en effet son disque le moins accessible, mais qui pour autant ne manque pas de cohérence (là où Biophilia, je trouve, en manquait cruellement). Toute l’articulation — des titres aux paroles — fait sens et converge vers l’établissement d’une épopée vers un monde dont c’est elle, et elle seule qui tire les ficelles. C’est pourquoi cet album m’apparaît comme l’un de ses plus personnels, mais l’exprime d’une manière beaucoup moins frontale que Vulnicura. Ici, le pathos, le côté larmoyant laissent place à une expression de ses ambitions, de ses rêves, de ses espoirs, de ses luttes. Je ne m’attendais pas à une formulation aussi directe de ses doutes, de sa sexualité, de son amour, de ses souhaits pour sa fille aussi. En lisant les paroles, j’ai vraiment été pris de court, et dans le bons sens, par ses promesses et ses mots résolument tournés vers l’avenir. Bref, on nous a pas menti sur la brochure, et Vulnicura a définitivement bien préparé le terrain.

 

Concernant les morceaux, je n’en enlèverais pas un. L’ordre fait sens, bien qu’il soit aussi intéressant d’écouter l’album dans le désordre. Body Memory reste pour moi la pièce maîtresse de cet album. Plus je l’écoute, plus je suis bluffé. Elle est d’une richesse d’écriture, d’une complexité mais aussi d’une justesse assez renversantes. Et alors quand les choeurs arrivent au premier plan à 3:02, c’est l’extase - ça a réveillé mes amours Medullesques :wub:. 
Losss est géniale, c’est sûrement celle qui met le plus Arca à l’honneur - on y retrouve notamment les samples de son titre Sheep j’ai l’impression. Tabula Rasa m’apparaît comme l’un des titres les plus épurés, et tant mieux, pour mieux faire apparaître la beauté et l’importance de ses paroles. Petit pincement pour Claimstaker aussi, comme une dernière complainte avant l’utopie ; la voix de Björk apparaît dans une intimité et une proximité similaire à certains titres de Selmasongs, tel Scatterheart avec en plus les cordes (comme ça a déjà été dit), et de Vespertine je trouve. 
Et puis Saint : une merveille. Je ne me remets toujours pas de cette chanson. Définitivement ma préférée de l’album, elle en exprime à la perfection l’essence, tout en abordant quelque chose d’aussi évident que la musique. Ces flûtes et ces superpositions de voix touchent en plein dans le mille. D’ailleurs, de manière plus générale sur tout l’album, j’entends dans les parties des flûtes et de la harpe des échos à la musique classique du début XXe siècle, notamment du Debussy, du Ravel et du Poulenc. Toute cette Utopia est bel et bien une réussite.

 

Je vois un peu l’ensemble de cet album comme une prolongation logique de ce qu’avait annoncé la fin de Family. Le moment où elle passe de la théorie à la pratique, des paroles aux actes, en somme, en dessinant avec autant de richesse et de relief ce "monument of love" dans lequel elle nous invite. J'en rappelle les paroles -- qu'on peut désormais lire comme des oracles :

 

Citation

I raise a monument of love
There is a swarm of sound
Around our heads
And we can hear it
And we can get healed by it
It will relieve us from the pain
It will make us a part of
This universe of solutions
This place of solutions
This location of solutions

 

Tout était dit, en fait.

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Comme quoi ce n'est pas la structure qui fait une bonne chanson.

Pop catchy peut-être mais je trouve les 2 morceaux pré cités désagréables et fatigants.

Blissing Me, Saint, Loss, Utopia, Future Forever et Tabula Rasa je trouvent, par exemple, emportent avec une fluidité spontanée. Pas forcément évidente mais... y a quelque chose.

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J'ai envie de l'aimer cet album, mais c'est quand même difficile. Je vais faire une pause, réécouter de temps en temps un morceau ou deux, selon ce que vous en dites (je regarde le forum et certaines remarques me donneront la curiosité et l'envie de comprendre ce qui plait ou non), car je le trouve vraiment difficile sur la longueur. 

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Plusieurs semaines après sa sortie (officielle), je me lance dans la description de ce que l’album m’inspire. Je l’ai déjà dit dans des posts précédents mais pour moi Björk appartient aujourd’hui au groupe d’artistes dont les albums sont des growers. 
Que l’on valide ou non ces albums loin des formatages FM, il faut reconnaître qu’ils ne viennent pas à nous mais que c’est plutôt à nous de défricher le chemin pour les découvrir. On peut tout à fait regretter cette conception de la musique qui se distingue d’une certaine immédiateté. L’un n’exclut pas l’autre. J’aime les deux. Mais je dois reconnaître qu’en évoluant (bon OK, en vieillissant) je préfère 100 fois un grower qui m’accompagnera dans le long terme plutôt qu’un album ultra efficace qui sera trop ancré dans une époque et qui m’habitera moins…
Autant réagir immédiatement à l’écoute d’une musique est tout à fait naturel, autant l’analyse d’un album comme Utopia ne peut se faire qu’avec du temps, après de nombreuses écoutes.
Pour finir ce déjà trop long préambule, je précise que j’aime Björk depuis Debut et apprécie, à différents degrés, tous les albums qui ont suivi. Aujourd’hui, je pense que l’on peut dire que Björk s’adresse davantage à la raison qu’à l’émotion, même si elle les mêle toujours. La déroute de certains fans du début s’explique à mon sens par ce glissement progressif mais évident. Quand on écrit un morceau de 10 minutes, on a une démarche éloignée de celle qui fait écrire un format de 3 minutes, avec un structure classique, pop. On sait que l’on demande un effort plus conséquent à son auditeur, ne serait-ce que par rapport à sa disponibilité.


Là où je veux en venir, c’est que je suis curieux de savoir si quelqu’un qui découvre Björk par Utopia pourra accrocher. Je trouve son évolution musicale intéressante parce qu’elle a fait plusieurs fois la preuve de ses talents de compositrice pop. La voir aller vers l’expérimentation, vers un travail de textures sonores est fascinant. (Aparté : je place Radiohead dans la même démarche. Thom Yorke n’a plus à prouver qu’il est un mélodiste génial. Au fil des albums, sa démarche est d’explorer des contrées musicales davantage sonores que mélodiques - même si je n’exclus pas les deux. Et constater cette évolution au fil des albums est absolument spectaculaire). Mais je trouve que la valeur d’un album comme Utopia est renforcée si on l’inscrit dans toute la discographie de Björk. Il a des valeurs intrinsèques évidentes… décuplées quand il s’insère dans un ensemble, dans l’évolution de l’œuvre de Björk.

La première écoute a été déroutante. Écouté dans mon salon, via des enceintes, Utopia m’est apparu comme très dense. Trop ? J’avais l’impression d’avoir à faire à un grand bouton floral qui me promettait la révélation d’une fleur sublime mais je tournais autour sans arriver à voir ce qui se cachait derrière. Ce qui m’a d’abord frappé, c’est la cohérence de l’album. J’ai regardé plusieurs fois l’écran de la chaîne pour savoir si le morceau avait changé. Cela ne signifie pas que tout se ressemblait, mais la fluidité de l’enchaînement entre certaines pistes était impressionnante. 


J’avais lu, à défaut d’écouter le leak, tous vos commentaires écrits après vos premières écoutes. Ils m’ont forcément influencé en attendant certains passages plus que d’autres pour vérifier vos emballements ou rejets. Au bout d’un moment, mon écoute a été assez détachée de tout ce que j’avais lu. Ce sont les écoutes répétées de l’album, dans l’ordre, puis dans le désordre, qui m’ont permis d’évaluer les morceaux. Sachant qu’à mon sens, mon avis n’est pas définitif puisqu’il reste beaucoup de choses à découvrir encore.

 

Arisen my senses
J’aime les respirations du chant. Björk prend son temps. La musique l’accompagne, plus présente. Les couches de voix se mêlent. On comprend comment Björk se retrouve à éditer ses pistes pendant des jours et des jours. Au casque, le mixage permet d’apprécier cette dentelle vocale. Plutôt content de retrouver la harpe. J’aime assez la construction du morceau qui se dénoue dans une phase onirique et calme plutôt que dans un brouhaha de beats sur-vitaminés. Gros coup de cœur pour cette voix pitchée, hybride. Le final nous replonge dans Vespertine avec cette couche de beats nouveaux, plus agressifs. (L’évolution dont je parlais).

 

Blissing me
Je sais que certains le boudent parce que sa valeur de single aurait déjà lassé tout le monde ou je ne sais quoi. Perso, ce morceau m’émeut à chaque écoute. Depuis quand n’avait-on pas entendu Björk chanter avec une voix aussi douce ? A ceux qui en douteraient : elle sait toujours écrire des mélodies immédiates. L’évolution des arrangements, en strates, donne tout son intérêt à la chanson. Malgré une mélodie assez répétitive, le morceau ne cesse de progresser. A 2 min, je fonds littéralement pour les arrangements et cette descente de notes.
En ce qui concerne les paroles, j’aime cet ancrage dans le réel, le concret. Jamais je ne me serais attendu à lire MP3 dans ses paroles. La mise en scène de cette phrase dans le clip a fini de me convaincre.

 

The Gate
Quelle bonne idée d’avoir conservé la mélodie toute foutraque du clip dans l’introduction du morceau ! Un des morceaux les plus épurés de l’album. Une preuve de plus que Björk travaille sur les ambiances sonores, les textures, les bruits. En fermant les yeux, on se retrouve vraiment ailleurs. C’est grâce à ces respirations, au propre comme au figuré, que je ne trouve pas les refrains répétitifs (je sais qu’il y a deux clans à ce sujet). Je me marre en repensant que tout le monde croyait que ce serait la chanson d’ouverture. Elle trouve bien sa place après le morceau précédent. Le traitement des voix et leurs envolées rappellent Oceania. Ce qui est fou avec ces rappels, c’est qu’ils ne sonnent pas comme des redites. Malgré le recours à un son déjà connu et utilisé, on a devant soi un résultat nouveau, qui ne sent pas le recyclage sans inspiration. L’outro me plaît beaucoup avec cette voix, pleine d’expiration, qui prépare le morceau suivant et son intro aux flûtes.


Utopia
Björk sait écrire des pièces musicales. On le savait entre autres avec les cordes de Vulnicura. On en a une preuve de plus avec les flûtes de l’intro. Les chants d’oiseaux et les sons d’ambiance qui se mêlent aux flûtes nous plongent dans un nouveau décor. On ressent bien l’utopie et son univers. Je pense à Medulla avec la rythmique très beatbox. Chant apaisé, montée dans les aigus et voix de tête. J’ai l’impression de redécouvrir le chant de Björk.

 

Body Memory
Ça souffle, ça grogne, là, on est dans une partie plus sombre de l’utopie. Crôôôa. Ce morceau exige une disponibilité particulière. En fonction du moment de la journée et de mes écoutes, je peux le trouver passionnant et il passe à vitesse grand V ou au contraire extrêmement répétitif.
Les chœurs apportent en tout cas une ambiance vraiment riche, en chœur tout d’abord homogène, avant les dialogues hommes/femmes fous. Réminiscences de Medulla. Aaaaaaaaah ! La tournure que prend le morceau à 5min30 ! J’aime j’aime !
Moi qui parlais de transition, j’aime la façon dont Features creatures est amené.

 

Features creatures
J’adore ce son et la façon dont elle a su l’utiliser pour une chanson. J’avais un tube comme ça quand j’étais petit et je n’aurais jamais cru possible d’en faire un instrument à part entière (eh oh ! Internet n’existait pas !). Le résultat est envoûtant : entre flûte et voix humaine.
J’adore l’envolée des « features creatures » et le changement d’ambiance. Les couches qui se superposent, le mixage et le relief donné aux instruments.
Et quelle outro wtf !

 

Courtship
Tiens, le retour des flûtes de l’intro d’Utopia ! Certainement à cause de la rythmique et de certains effets sonores, j’ai pensé à l’album Amok d’Atoms for peace. Le mélange des flûtes et des beats fonctionne bien. Même si je l’apprécie, ce n’est pas mon morceau préféré de l’album.

 

Losss
Un avis partagé sur ce morceau. Le début est absolument magnifique. Je trouve la mélodie et son chant émouvants. Le contraste apaisé de cette partie qui se heurte aux beats brutaux crée un contraste intéressant. L’association harpe/flûtes est super réussie. 
Là où je suis plus circonspect c’est sur l’évolution du rythme : on l’a déjà eu avec Black Lake et Mutual Core. Du coup, là, ça fait redite. J’aime beaucoup mais pas de surprise pour cette éruption de sons indus qui risque quand même de bien dépoter en concert. 


Sue me
A la première écoute, les sons d’intro m’avaient mis bien mal à l’aise. Aujourd’hui j’adore. Je ne pensais pas non plus me retrouver avec Soumisoumisoumiiiiiiiiii en tête aussi facilement. Morceau grower par excellence. Le « who took it from his father » est un passage que j’adore. 


Tabula rasa
Un très beau morceau. Pour ceux qui pensent que Björk ne sait plus écrire une chanson… Arrangements flûtes et cordes au top. Cleaaaan plaaaaaaaate. Les paroles sont émouvantes. On sent la dimension personnelle. Chose que j’apprécie depuis Vulnicura. C’est impudique mais pas putassier. Et le « you are strong » chanté avec cette voix si fragile, wow !
La fin instrumentale aurait pu durer 2 minutes de plus ;)

 

Claimstaker
J’adore le son de synthé. Les cordes habillent si bien ce morceau. Je trouve qu’il s’en dégage une très forte tristesse. Ou plutôt une certaine mélancolie. Je me suis retrouvé plus d’une fois avec le « all this » en boucle dans la tête.

 

Paradisa
En fin de compte, il s’agit de la seule piste instrumentale de l’album. C’est la fête : les oiseaux et les flûtes sont de sortie. Le tout atténue la tristesse du morceau précédent.


Saint
C’est étonnant de voir que les oiseaux de l’intro n’ont pas été fondus avec les oiseaux de la fin du morceau précédent. La rupture sonore est assumée puisqu’elle aurait été facile à mettre en place.
Je craque pour le son de cymbale qui amène le chant de Björk. On dirait un décompte de logiciel de MAO. Ça donne un côté simple  et authentique que j’adore.
La voix de Björk est douce, tout en émotion. La superposition des couches vocales est très agréable. Le très faible décalage des mots entre les pistes vocales qui chantent la même chose donne un vrai charme à ce morceau. Malgré l’édition informatique, ces petites irrégularités donnent un super résultat. Le gimmick/refrain à la flûte sonne très musique de film et rentre méchamment en tête. Un morceau sobre et très efficace que j’aime beaucoup.

 

Future Forever
Voix de tête = fragilité = émotion. C’est amusant : autant Björk a pu me faire frissonner avec la puissance de sa voix, autant je suis ravi de découvrir qu’elle est capable de la même chose en montant vers les aigus et en diminuant la puissance. Un très beau morceau de fin, si l’on n’entend pas « old fart » à la place de « hold fort ». -_-‘


Pour résumer (ah ah ah !) :
- j’aime énormément Utopia et je sais qu’il me reste encore beaucoup à découvrir au fil des écoutes
- il me rappelle des ambiances, sons, approches d’albums précédents mais bien digérés ! Ce qu’on appelle un style, donc. Est-ce que ça s’explique aussi par la présence du fan Arca qui aurait facilité ce regard dans le rétroviseur ?
- l'écriture de plus en plus narrative et personnelle
- Utopia = vent, flûtes, respirations, souffles. Elle est allée jusqu’au bout du concept.
- Véritable album grower avec des morceaux et séquences en tête. La construction des chansons est bien plus accessible que ce que les premières écoutes laissent à penser.
- un album équilibré grâce au contraste entre des morceaux hyper arrangés et d’autres beaucoup plus sobres.
- on s’en fout royalement qu’elle roule les r. 
- Comme les derniers albums, Utopia est un disque exigeant. Il demande un effort de la part de l’auditeur mais la récompense est à la clé.
- j’aime le côté je règle mes comptes avec le patriarcat, surtout au vu des dernières révélations.
- ma chatte adore l’album. L’intro est la partie qu’elle préfère même si ça lui muscle un peu trop les oreilles…

Edited by Dindaonsòn
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:mamy:

 Ça c'est la critique de quelqu'un qui a écouté l'album! Prenez-en de la graine, journalistes salariés. 

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Je me disait exactement la même chose sur les transitions. Je pense que c'est une des seules faiblesses de l'album: mettre une transition Paradisia / Saint aurait été une amélioration et je ne comprends pas trop pourquoi ça a pas était fait (et peut-être Utopia/Body Memory aussi, dans une moindre mesure). 
Y a des transitions brusques qui marchent très bien (toutes les transitions de la suite Losss/Sue Me/Tabula Rasa/Claimstaker), mais pour Paradisia/Saint c'est un peu trop ni l'un ni l'autre et je trouve le passage de Paradisia à Saint dégueu au final

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il y a 51 minutes, Rovo a dit :

Je me disait exactement la même chose sur les transitions. Je pense que c'est une des seules faiblesses de l'album: mettre une transition Paradisia / Saint aurait été une amélioration et je ne comprends pas trop pourquoi ça a pas était fait (et peut-être Utopia/Body Memory aussi, dans une moindre mesure). 
Y a des transitions brusques qui marchent très bien (toutes les transitions de la suite Losss/Sue Me/Tabula Rasa/Claimstaker), mais pour Paradisia/Saint c'est un peu trop ni l'un ni l'autre et je trouve le passage de Paradisia à Saint dégueu au final

 

C’est pour ça que je pense que c’est vraiment délibéré. La rupture est assumée, du coup, j’aurais aimé connaître le sens de ce choix.  Est-ce pour amener la fin de l’album avec les deux derniers morceaux ? Une rupture instrumentale et une façon d’isoler cette seule pièce sans chant ? Plein d’interprétations sont possibles... :)

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personnellement, je vois pas de vraiment bonne justification et je pense que c'est pas une très bonne idée, enfin bon, je trouverais peut-être un jour le sens de cette rupture

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